Musiques et danses traditionnelles en Massif Central
Actualité et projets

Créations réalisées ou en cours

De Bouts

Pièce chorégraphique pour 2 danseurs, 2 circassiens, 1 musicien

« Pourquoi les hommes debouts ? Sont-ils fait de bouts ?
De quoi, de quels bouts ? des bouts de bois, de toi, de moi et des autres…
Les hommes sont faits de bouts de mémoire, bouts d’histoires, bouts de vie, bout à bout…
Fragments de mémoire, transmis, entendus, éléments de construction et de déconstruction.
Des trucs instables, parfois « des-testables », des trucs debout et à l’envers.
Des gens droits comme des i qui échafaudent des idées tordues, pour rire, pour essayer, pour continuer à vivre. ».

La bourrée m’accompagne, comme danseur et comme chorégraphe, depuis de nombreuses années. Il y a vingt ans, je créais Le Bal des Arpenteurs, spectacle de danse contemporaine où la bourrée était l’inspiration chorégraphique principale. En 2006, pour la Comédie de Clermont Ferrand, je créais un bal moderne où la bourrée croisait le hip hop et le cirque avec la musique des Brayauds et des musiciens de jazz contemporain. Dans l’histoire de la danse, la bourrée a nourri et s’est nourrie de la modernité. C’est cette voie que je continue d’emprunter et que je souhaite encore revisiter.

Aujourd’hui, pour « De Bouts », la bourrée sera le lien, le liant horizontal, fluide, entre les générations, les objets verticaux de la scénographie et les accidents du déséquilibre. La bourrée est pour moi comme une métaphore de l’infini, d’un éternel recommencement, par sa structure, sa continuité, ses répétitions et ses élans. Elle se joue du déséquilibre, et elle est une parfaite illustration de la liberté d’un corps en déplacement, une danse de fil-de-feriste. Comme les circassiens sont des virtuoses de la prise de risque et du déséquilibre, les danseurs de bourrée sont des virtuoses de la légèreté et de la mobilité. Ce sont ces deux mondes apparemment contradictoires et pourtant si proches que je veux rassembler dans ce spectacle, comme un hommage à la mobilité des hommes debouts…

Jean-Christophe Bleton